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La loi Hamon pour résilier votre assurance auto sans frais

La loi Hamon permet de rompre son contrat d’assurance automobile à tout moment après la première année. Cette procédure gratuite simplifie la mise en concurrence des assureurs pour réduire ses cotisations annuelles.

Par Claire Beaumont Publié le 10/09/2026 Sources vérifiées
Illustration de l'article : La loi Hamon pour résilier votre assurance auto sans frais
La loi Hamon permet de changer d’assurance auto à tout moment après un an de contrat pour faire baisser sa cotisation annuelle.

Le droit de changer d’avis sur sa couverture automobile n’est plus une course d’obstacles administrative. Grâce au dispositif de la loi Hamon, tout conducteur peut mettre fin à son contrat dès lors qu’il a soufflé sa première bougie de souscription. Cette règle met fin à l’obligation d’attendre la date anniversaire pour renégocier ses tarifs. Pour les assurés, l’enjeu est financier : il s’agit de faire jouer la concurrence sans subir de frais de sortie ou de pénalités de retard.

Marc, infirmier libéral à Nantes, illustre parfaitement ce levier de pouvoir d’achat. Il payait 800 € par an pour assurer sa berline auprès de son assureur historique. En comparant les offres, il a trouvé une protection équivalente pour 600 € chez un concurrent. Son contrat ayant plus de 12 mois, il a pu déclencher la bascule immédiatement. Cette liberté contractuelle repose sur des bases juridiques solides qui protègent le consommateur contre les verrouillages tarifaires.

Quitter son assureur après un an de contrat devient un droit gratuit

La résiliation à tout moment est possible dès que le contrat a atteint une ancienneté minimale de 12 mois. Avant ce délai, l’assuré reste lié à son assureur, sauf cas particuliers ou exercice du droit de rétractation. Pour les contrats conclus à distance, par internet ou téléphone, l’article L112-2-1 du Code des assurances prévoit un délai de rétractation de 14 jours calendaires révolus. Passé ce cap et avant la première année, le contrat est en principe verrouillé.

Une fois la première année écoulée, la donne change radicalement. L’assuré n’a plus besoin de justifier son départ ni d’attendre une échéance spécifique. La résiliation s’effectue sans frais ni pénalités, ce qui signifie que l’assureur ne peut pas facturer de frais de dossier pour la clôture du compte. Cette souplesse encourage la mobilité des assurés dans le hub de la rubrique de l'assurance pour dénicher des tarifs plus justes.

Ce que dit la loi. « Pour les contrats d'assurance couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles [...] l'assuré peut, après l'expiration d'un délai d'un an à compter de la première souscription, résilier sans frais ni pénalités les contrats. » (Article L113-15-2 du Code des assurances).

Le délai d'un mois pour changer de contrat sans laisser d'argent

La procédure de résiliation via la loi Hamon impose un préavis de 1 mois. Ce délai commence à courir à partir de la réception de la notification par l’assureur. La Cour de cassation, dans une décision du 1er juillet 2021 (n° 20-13.210), a rappelé que le cachet de la poste ou la preuve de dépôt électronique fait foi pour déterminer le point de départ de ce mois de préavis. Pendant cette période, l’assuré reste couvert par son ancien contrat et doit continuer à payer sa prime.

Dans la pratique, c’est souvent le nouvel assureur qui prend en charge les démarches administratives. L’assuré lui donne mandat pour résilier l’ancien contrat, garantissant ainsi qu’il n’y aura aucune interruption de garantie entre les deux polices. Le nouvel assureur dispose alors d’un délai de 1 mois pour informer l’ancienne compagnie de la reprise du contrat. Cette continuité s'avère essentielle en cas d’accident non responsable : ce que l'assurance doit rembourser pendant la phase de transition.

Un homme consultant ses documents d'assurance devant sa voiture
L’assureur doit prouver l’envoi de l’avis d’échéance pour que les délais de résiliation habituels soient opposables à l’assuré.

Les obligations de l'assureur pour vous rembourser le trop-perçu

Lorsqu’un contrat est résilié en cours d’année, l’assuré a souvent déjà payé sa prime annuelle ou semestrielle. L’assureur a l’obligation légale de rembourser le solde de la prime correspondant à la période non couverte. Ce remboursement doit être effectué au prorata temporis, c’est-à-dire en fonction du nombre de jours restant jusqu’à la date d’échéance initiale. La formule de calcul est simple : (Prime annuelle / 365) * nombre de jours restants.

Le délai maximal pour recevoir ce remboursement est de 30 jours à compter de la date de résiliation effective. Si l’assureur tarde à rendre cet argent, les sommes dues sont majorées d’intérêts au taux légal. Il n’est pas rare que les compagnies traînent des pieds, espérant que l’assuré oublie ces quelques dizaines ou centaines d’euros. Un exemple concret : pour une prime de 730 € résiliée 100 jours avant l’échéance, le calcul (730/365)*100 donne un montant exact de 200 € à rembourser.

Type de délai Durée légale Source
Ancienneté minimale du contrat 12 mois service-public.fr
Préavis de résiliation 1 mois Article L113-15-2
Remboursement du solde 30 jours Article L113-15-2
Rétractation (vente à distance) 14 jours Article L112-2-1

La loi Chatel comme filet de sécurité contre la reconduction tacite

Avant que la loi Hamon n’autorise la résiliation à tout moment, la loi Chatel constituait le principal rempart contre les contrats reconduits automatiquement. Elle reste en vigueur et complète le dispositif Hamon. L’assureur doit envoyer un avis d’échéance annuelle à l’assuré. Cet avis doit mentionner explicitement la date limite de dénonciation du contrat. Selon l’article L113-15-1 du Code des assurances, cet envoi doit intervenir au moins 15 jours avant la date limite de résiliation.

Si l’assureur ne respecte pas ce délai de 15 jours, l’assuré dispose d’un nouveau délai de 20 jours pour résilier son contrat à compter de l’envoi de l’avis. Dans le cas où aucune information n’est transmise, la résiliation peut intervenir à tout moment après la date de reconduction, sans pénalité. La jurisprudence est stricte sur ce point : l’assureur doit être en mesure de prouver qu’il a envoyé cet avis (Cass. Civ. 2e, 4 juillet 2019, n° 18-18.062). Ce filet de sécurité évite d'être piégé par une tacite reconduction oubliée.

Une main utilisant une calculatrice à côté d'un chèque de remboursement
Le remboursement du trop-perçu doit intervenir dans les 30 jours suivant la résiliation effective du contrat d’assurance.

Gérer un litige ou un retard de remboursement après la rupture

La fin d’un contrat ne signifie pas la fin des responsabilités de l’assureur. En cas de désaccord sur le montant du remboursement ou de retard abusif, l’assuré peut agir. Il est utile de rappeler que toutes les actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance, selon l’article L114-1 du Code des assurances. Ce délai de 2 ans s’applique aussi bien aux demandes d’indemnisation qu’aux contestations de résiliation.

Le non-paiement de la prime par l’assuré peut aussi entraîner une résiliation à l’initiative de l’assureur, mais selon un calendrier très encadré. Dix jours après la date d’échéance, l’assureur envoie une mise en demeure. Si le paiement n’intervient pas sous 30 jours, les garanties sont suspendues. L’assureur peut alors résilier définitivement le contrat 10 jours après cette suspension. Il est donc préférable de privilégier la loi Hamon pour partir proprement plutôt que de subir une résiliation pour défaut de paiement, qui compliquerait toute future souscription.

En cas de litige persistant sur un remboursement, une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception est la première étape indispensable. Si cela ne suffit pas, le recours au médiateur de l’assurance est possible. Ces démarches sont parfois nécessaires pour récupérer des sommes qui, mises bout à bout, représentent un budget conséquent. Pour d'autres problématiques liées aux sinistres, vous pouvez consulter notre guide sur le cambriolage : les 7 erreurs qui font fondre votre indemnisation ou solliciter une contre expertise assurance pour bloquer un rapport au rabais.

Vos questions

Peut-on résilier son assurance auto avant la première année ?

En principe, non. La loi Hamon impose une ancienneté minimale de 12 mois. Toutefois, vous disposez d'un droit de rétractation de 14 jours pour une souscription à distance. Certains changements de situation personnelle, comme un déménagement ou la vente du véhicule, permettent également une résiliation anticipée hors loi Hamon.

Quels sont les frais de résiliation avec la loi Hamon ?

La résiliation est totalement gratuite. L'article L113-15-2 du Code des assurances interdit explicitement aux assureurs de facturer des frais ou des pénalités pour une rupture de contrat intervenant après la première année. Seule la partie de la prime correspondant à la période de couverture effective reste due.

Quel est le délai pour recevoir le remboursement du trop-perçu ?

L'assureur dispose d'un délai maximal de 30 jours à compter de la date de résiliation effective pour vous rembourser les sommes payées d'avance. En cas de dépassement de ce délai légal, les sommes produisent des intérêts au taux légal en vigueur, que vous êtes en droit de réclamer.

Qui doit envoyer la lettre de résiliation ?

Si vous changez d'assureur, c'est votre nouvelle compagnie qui effectue les démarches pour vous. Vous lui donnez mandat pour résilier votre ancien contrat. Si vous résiliez sans reprendre de nouveau contrat immédiat, par exemple après la vente du véhicule, c'est à vous d'envoyer la notification de résiliation.

Cet article est une information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Pour une situation précise, consultez un professionnel du droit.

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